Pays-Bas : Contexte politico-économique
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Les Pays-Bas sont la cinquième puissance économique de la zone euro et le troisième exportateur de biens et de services. Le pays est très ouvert aux échanges et, par conséquent, à la conjoncture économique mondiale. Après une période de stagnation économique, la croissance du PIB réel a été volatile au premier semestre 2024, principalement en raison des fluctuations des échanges nets, passés d’une contribution fortement négative au T1 à une contribution fortement positive au T2. Après une contraction au premier semestre, la consommation privée a bénéficié au second semestre 2024 d’une forte croissance des salaires réels, les salaires conventionnels progressant de plus de 6 %, ainsi que de tensions sur le marché du travail. La croissance de l’investissement s’est modestement redressée à la faveur de l’amélioration des conditions financières et de la hausse de l’investissement public. Au total, la croissance du PIB s’est établie à 1,8 % en 2025, selon la Commission européenne. À l’avenir, la consommation privée devrait continuer de progresser, soutenue par une croissance salariale solide, le recul de l’inflation et des baisses d’impôts qui augmentent le revenu disponible réel des ménages. Les perspectives de l’investissement des entreprises et des échanges devraient également s’améliorer, grâce à l’assouplissement des conditions financières et à un environnement extérieur plus favorable. Le PIB réel devrait progresser de 1,0 % en 2026 et de 1,1 % en 2027.
Selon le CBS, les recettes et les dépenses publiques ont toutes deux augmenté de 7 % au cours des trois premiers trimestres de 2024. Les recettes ont progressé de plus de 24 milliards EUR, portées par une hausse de 22 milliards EUR des cotisations et des impôts, tandis que les autres recettes ont augmenté de près de 2 milliards EUR. Les dépenses totales ont également progressé de près de 24 milliards EUR, les prestations sociales et les dépenses de santé en représentant près de 14 milliards EUR. En 2025, le déficit budgétaire s’est établi à 1,6 % du PIB et devrait se creuser à 2,5 % en 2026, en partie en raison de baisses de l’impôt sur le revenu dans les tranches inférieures et de la hausse des dépenses de défense et d’investissement public, avant de se réduire de nouveau à 1,9 % en 2027 (Commission européenne). La dette publique s’élevait à 44,4 % du PIB en 2025, et le creusement des déficits devrait porter le ratio d’endettement à 46,9 % en 2026 et à 47,0 % en 2027, un niveau qui resterait inférieur à la moyenne de la zone euro. La solidité de la position extérieure des Pays-Bas tient à des excédents courants élevés et récurrents ainsi qu’à leur rôle de plaque tournante du commerce mondial. De 2020 à 2024, les excédents se sont élevés en moyenne à 8,4 % du PIB, reflet d’une épargne intérieure élevée. Un secteur des entreprises dominé par des multinationales détenant d’importants actifs à l’étranger soutient une position extérieure nette de 54,1 % du PIB en 2023 (Fitch Ratings). Statistics Netherlands (CBS) a indiqué que les prix à la consommation aux Pays-Bas avaient augmenté de 3,3 % en 2025, un niveau légèrement inférieur aux 3,4 % enregistrés en 2024, le logement et les services étant les principaux moteurs de l’inflation. Pour cette année, la Commission européenne prévoit une inflation IPCH de 3,2 %, puis de 2,5 % en 2027.
Les Pays-Bas affichent un revenu par habitant très élevé, réparti de manière relativement égalitaire. Le PIB par habitant est supérieur à la moyenne de l’UE et a été estimé à 87 320 USD en 2025 (PPA – données Banque mondiale). Le marché du travail reste solide, avec un faible taux de chômage et davantage de postes vacants que de demandeurs d’emploi. La croissance de l’emploi a toutefois ralenti. La croissance de la population active dépassant la faible création d’emplois, le chômage devrait augmenter légèrement, de 3,9 % en 2025 à 4,2 % en 2026 et à 4,4 % en 2027 (Commission européenne).
| Indicateurs de croissance | 2025 | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
|---|---|---|---|---|---|
| PIB (milliards USD) | 1.332,24 | 1.449,70 | 1.500,42 | 1.551,35 | 1.603,43 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 1,9 | 1,2 | 1,4 | 1,4 | 1,3 |
| PIB par habitant (USD) | 73.833 | 79.918 | 82.328 | 84.750 | 87.243 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -1,8 | -2,7 | -2,1 | -2,1 | -2,4 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 43,3 | 44,1 | 44,5 | 44,9 | 45,9 |
| Taux d'inflation (%) | 3,0 | 2,7 | 2,4 | 2,3 | 2,0 |
| Taux de chômage (% de la population active) | 3,9 | 4,1 | 4,2 | 4,3 | 4,4 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | 116,85 | 127,50 | 130,73 | 134,99 | 139,31 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | 8,8 | 8,8 | 8,7 | 8,7 | 8,7 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database, Dernières données disponibles.
Note : (E) Données estimées
Le secteur agricole représente 1,7 % du PIB du pays et emploie 2 % de la population active (Banque mondiale, dernières données disponibles). Ce secteur affiche des rendements élevés, dus en partie à l’exploitation intensive des terres arables. Près de 60 % de la production est exportée, directement ou par l’intermédiaire de l’industrie agroalimentaire, ce qui fait des Pays-Bas l’un des premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles : en 2025, les exportations de produits agricoles se sont élevées à 137,5 milliards EUR, soit une hausse de 8,4 % par rapport à 2024. Les principales cultures exportées sont les céréales, les pommes de terre et les produits horticoles. Les Pays-Bas sont également le premier exportateur mondial de fleurs. Le nombre d’entreprises actives dans le secteur s’établit à 52 107 (recensement agricole). Selon les dernières données du CBS, le revenu du secteur agricole néerlandais a progressé de 5,1 % en 2024, malgré une baisse de 1,2 % du volume de production. Les productions animale et végétale ont reculé respectivement de 0,7 % et de 1,4 %. La hausse des prix à la production (+0,2 %) et la baisse des coûts ont compensé ce recul, la valeur totale de la production diminuant de 1 % à 41 milliards EUR.
L’activité industrielle génère environ 18,7 % du PIB néerlandais et emploie 14 % de la main-d’œuvre. Parmi les principales activités, les secteurs de la chimie et du pétrole restent solides, des acteurs majeurs comme Royal Dutch Shell générant d’importantes recettes d’exportation (les Pays-Bas figurent également parmi les principaux producteurs et distributeurs de pétrole et de gaz naturel). En outre, dans les industries de haute technologie, en particulier la fabrication de semi-conducteurs et la microélectronique, emmenées par ASML, les entreprises néerlandaises sont des leaders mondiaux. L’agroalimentaire et l’ingénierie jouent également un rôle clé dans le maintien de la performance industrielle du pays. La Banque mondiale estime que le secteur manufacturier représente à lui seul 11 % du PIB du pays. Selon les données du CBS, la production corrigée des effets de calendrier du secteur manufacturier néerlandais a progressé de 9,0 % en juillet 2026, sa plus forte hausse en glissement annuel depuis quatre ans.
Les services représentent plus de 69,6 % du revenu national et emploient 84 % de la main-d’œuvre. Le secteur des services est principalement axé sur les transports, la distribution, la logistique, la banque et l’assurance, l’ingénierie hydraulique et les nouvelles technologies. Le pays est également le premier prestataire européen de services de fret maritime, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la forte dépendance de son économie à l’égard des exportations. Le secteur bancaire néerlandais joue un rôle central dans l’économie du pays, avec des actifs totalisant 2 700 milliards EUR, soit près de trois fois le PIB. Le secteur est très concentré, les six plus grandes banques détenant environ 85 % du total des actifs (Fédération bancaire européenne). La contribution du tourisme à l’économie néerlandaise est passée de 3,9 % en 2023 à 4,0 % en 2024. La valeur ajoutée a progressé dans l’ensemble des secteurs liés au tourisme, la contribution économique du secteur atteignant 40,1 milliards EUR, soit une hausse de 9,5 % par rapport à 2023 à prix courants et un niveau supérieur à celui d’avant la pandémie, en 2019 (CBS). S’agissant du commerce de détail, le chiffre d’affaires total a progressé de 2,1 % en 2024, sa plus faible croissance en dix ans, le volume des ventes augmentant de 1,4 %. Les commerces non alimentaires ont progressé de 3,9 %, tandis que les commerces alimentaires ont enregistré un recul de 1,0 %. Le chiffre d’affaires en ligne a augmenté de 5,8 %.
| Répartition de l'activité économique par secteur | Agriculture | Industrie | Services |
|---|---|---|---|
| Emploi par secteur (en % de l'emploi total) | 1,7 | 13,8 | 84,5 |
| Valeur ajoutée (en % du PIB) | 1,7 | 17,7 | 70,4 |
| Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) | 1,5 | 2,6 | 1,7 |
Source : Banque Mondiale, Dernières données disponibles.
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Le classement de l'environnement des affaires mesure la qualité ou l'attractivité de l'environnement des affaires dans un pays. Cet indicateur est défini par l'analyse de divers critères : l'environnement politique, l'environnement macro-économique, les opportunités d'affaires, les politiques à l'égard de la libre entreprise et de la concurrence, les politiques à l'égard de l'investissement étranger, le commerce extérieur et le contrôle des changes, les taux d'imposition, le financement des projets, le marché du travail et la qualité des infrastructures.
Source : The Economist Intelligence Unit - Business Environment Rankings 2020-2024
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