Maroc : Contexte politico-économique
Dans cette page : Le contexte économique | Le contexte politique
Malgré une série de chocs sévères – dont la pandémie de COVID-19, une sécheresse prolongée, une inflation alimentée par la flambée des prix des matières premières et un séisme dévastateur –, le Maroc a fait preuve d’une remarquable résilience économique. Celle-ci tient en grande partie à un cadre de politique macroéconomique solide et à des mesures proactives des pouvoirs publics. Le PIB a progressé de 4,9 % en 2025, contre 4,4 % un an plus tôt. La demande intérieure a gagné en dynamisme et la valeur ajoutée agricole a rebondi de 8,2 % après les années de sécheresse. L’activité économique devrait rester soutenue en 2026, à 4,4 %, la production agricole se maintenant et le secteur non agricole poursuivant son expansion, porté par une forte demande intérieure. Cette croissance devrait ramener le déficit du compte courant vers sa norme de moyen terme d’environ 3 % (FMI).
Depuis la pandémie, le Maroc a progressivement amélioré sa situation budgétaire. Les récentes réformes du système et de l’administration fiscale ont élargi l’assiette tout en allégeant la pression fiscale, ce qui s’est traduit par des recettes fiscales supérieures aux prévisions en 2025. Les recettes fiscales ayant augmenté de 52,9 milliards MAD, le déficit de l’administration centrale s’est établi à 3,5 % du PIB sur l’année, en amélioration par rapport aux 4,1 % enregistrés en 2024. La loi de finances 2026 maintient l’ajustement budgétaire progressif prévu, mais les recettes supérieures aux attentes devraient être mobilisées pour accélérer la réduction de la dette jusqu’à son niveau d’avant la pandémie. Le ratio dette du Trésor/PIB du Maroc s’est établi à 67,2 % en 2025 (contre 67,7 % un an plus tôt), et une nouvelle baisse marginale est attendue sur l’horizon de prévision. Après avoir culminé au-delà de 6 % en 2023, l’inflation est restée contenue en 2025, à 1,6 %, demeurant sous la barre des 2 % grâce à la modération des prix de l’énergie. Une légère hausse de l’inflation globale, à environ 2,4 %, est toutefois attendue en 2026 en raison de la suppression partielle en cours des subventions au gaz butane.
Le Maroc dispose d’une population jeune mais continue de faire face à des défis tels que l’émigration, la forte informalité du marché du travail, la faible participation des femmes et la hausse du chômage, d’autant que de nombreux jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Un ensemble complet de mesures, notamment de meilleures incitations et un contrôle renforcé, est nécessaire pour réduire l’informalité. Le taux de chômage reste élevé (13 % l’an dernier, contre 13,3 %), mais devrait suivre une tendance baissière sur l’horizon de prévision. Selon le Haut-Commissariat au Plan, le chômage touche particulièrement les jeunes (15-24 ans – 37,2 % en 2025), les jeunes diplômés (19,1 %) et les femmes (20,5 %). Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, 6,4 % de la population marocaine vit en situation de pauvreté multidimensionnelle, tandis que 10,9 % supplémentaires sont considérés comme vulnérables à la pauvreté multidimensionnelle (PNUD). Enfin, le PIB par habitant (PPA) a été estimé à 10 615 USD en 2024 par le FMI.
| Indicateurs de croissance | 2025 (E) | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
|---|---|---|---|---|---|
| PIB (milliards USD) | 182,59 | 194,33 | 212,84 | 227,88 | 245,01 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 4,9 | 4,9 | 4,5 | 4,5 | 4,4 |
| PIB par habitant (USD) | 4.842 | 5.107 | 5.545 | 5.887 | 6.279 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -3,5 | -3,5 | -3,4 | -3,3 | -3,2 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 67,1 | 65,8 | 64,9 | 63,9 | 62,8 |
| Taux d'inflation (%) | 0,8 | 1,3 | 1,6 | 2,0 | 2,0 |
| Taux de chômage (% de la population active) | 13,0 | 12,2 | 11,3 | 11,0 | 11,0 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | -3,80 | -5,94 | -6,12 | -7,14 | -8,27 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | -2,1 | -3,1 | -2,9 | -3,1 | -3,4 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database, Dernières données disponibles.
Note : (E) Données estimées
Compte tenu de la richesse de ses sols, le secteur agricole joue un rôle central dans l’économie marocaine : il emploie 30 % de la main-d’œuvre et contribue à hauteur de 11,1 % au PIB (Banque mondiale, dernières données disponibles). L’orge, le blé, les agrumes, le raisin, les légumes, l’argan, les olives, l’élevage et le vin constituent les principales productions du pays. Ces dernières années, le gouvernement a mis l’accent sur ce secteur à travers sa stratégie « Génération Green » et le Fonds de développement agricole. La production céréalière du pays est très variable : les barrages locaux n’irriguent que 15 % des terres agricoles, et la production agricole pluviale représente 85 % de la production totale (FAO). Le Maroc est un importateur net de produits agricoles et connexes. Au cours de la campagne 2023/2024, la sécheresse persistante a réduit la production céréalière nationale de 42 %, la ramenant à 3,3 millions de tonnes, selon les données de la FAO.
L’industrie contribue à 24,6 % du PIB et emploie 24 % de la main-d’œuvre. Les principaux secteurs sont le textile, la maroquinerie, l’agroalimentaire, le raffinage pétrolier et l’assemblage électronique. De nouveaux secteurs connaissent toutefois un essor rapide : la chimie, les pièces automobiles, l’informatique, l’électronique et l’industrie aéronautique. L’industrie automobile, en particulier, s’est fortement développée au cours de la dernière décennie, avec une croissance annuelle à deux chiffres en termes de création d’emplois et d’exportations (devenant le premier secteur exportateur du pays et le principal pôle automobile d’Afrique). Au total, le secteur manufacturier représenterait 14 % du PIB. Le secteur industriel marocain est le premier bénéficiaire des investissements directs étrangers, et l’émergence de nouvelles industries devrait lui permettre de réduire sa dépendance à l’égard du secteur agricole. En outre, le pays détient environ 75 % des réserves mondiales estimées de phosphates, et le secteur minier représente près de 30 % des exportations (Oxford Business Group). Les industries extractives représentent 10 % du PIB, dont 90 % proviennent des phosphates. Selon les chiffres officiels, l’indice manufacturier (hors raffinage pétrolier) a progressé de 9,2 % au T3 2024, porté par une forte croissance sectorielle. L’industrie chimique arrive en tête avec 18,2 %, stimulée par les exportations et l’innovation, suivie de l’automobile avec 17 %, ce qui renforce la puissance exportatrice du Maroc. L’agroalimentaire et l’habillement ont progressé respectivement de 9 % et de 11,8 %, tandis que les produits métalliques ont enregistré une hausse de 13 %, témoignant de la résilience industrielle.
Le secteur des services représente plus de la moitié du PIB (54,3 %) et emploie 46 % de la main-d’œuvre. Il est tiré par l’immobilier et le tourisme, ce dernier s’étant montré très dynamique ces dernières années : il représentait environ 11 % du PIB et avait atteint un record de près de 13 millions d’arrivées en 2019 ; après une contraction due à la pandémie, il a atteint de nouveaux sommets en 2025, année où le pays a accueilli un nombre record de 19,8 millions de touristes (+14 % en glissement annuel – données du ministère du Tourisme). Le secteur bancaire est dominé par des banques à capitaux locaux, qui détiennent plus de 80 % des actifs du secteur (U.S. Department of Commerce). Le commerce de détail est dominé par les petits commerçants, qui comptent 250 000 points de vente contre seulement 1 000 grandes surfaces.
| Répartition de l'activité économique par secteur | Agriculture | Industrie | Services |
|---|---|---|---|
| Emploi par secteur (en % de l'emploi total) | 27,9 | 23,8 | 48,3 |
| Valeur ajoutée (en % du PIB) | 10,5 | 25,2 | 52,3 |
| Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) | 3,7 | 4,8 | 4,5 |
Source : Banque Mondiale, Dernières données disponibles.
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