Hong Kong SAR, Chine : Contexte politico-économique
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Dixième puissance commerciale et troisième place financière mondiale, Hong Kong est souvent citée comme un modèle de libéralisme économique. Toutefois, après trois années de récession, l’économie a désormais enregistré trois années consécutives d’expansion, la croissance s’accélérant en 2025. La levée des restrictions liées à la COVID-19 début 2023 a entraîné un fort rebond de la demande intérieure et du tourisme, ainsi qu’un recul du chômage à des niveaux historiquement bas. La reprise a néanmoins ralenti en raison de l’essoufflement de la demande, de taux d’intérêt élevés et d’un marché immobilier atone. La concurrence régionale a également pesé sur la croissance. Malgré ces difficultés, le système financier demeure résilient, soutenu par des cadres solides et des réserves de liquidité. Portée par de solides exportations liées aux technologies, par l’amélioration de la demande privée et par un rebond de l’activité sur les marchés financiers, la croissance du PIB réel s’est accélérée à 3,5 % en 2025, contre 2,6 % en 2024. La croissance devrait atteindre 2,4 % en 2026, puis ralentir légèrement à environ 2¼ % à moyen terme, sous l’effet du vieillissement rapide de la population et d’une accumulation de capital plus lente, bien que le gouvernement ait relevé sa propre prévision pour 2026 à 3,5-4,5 % après une expansion du PIB de 5,1 % au premier semestre. Les perspectives restent très incertaines, les principaux risques baissiers étant un ralentissement plus marqué que prévu en Chine continentale en raison de l’escalade des tensions commerciales, ou un ajustement plus profond et prolongé du marché immobilier.
S’agissant des finances publiques, le compte consolidé de Hong Kong pour l’exercice budgétaire 2025-26 aurait désormais été clôturé sur un excédent de 2,9 milliards HKD (0,4 milliard USD), compte tenu des émissions obligataires. Le résultat de l’exercice clos en mars constitue une nette amélioration par rapport au déficit d’environ 67 milliards HKD prévu dans le budget présenté en février 2025, et les réserves budgétaires sont estimées à 657,2 milliards HKD à fin mars 2026. Selon le FMI, bien qu’en hausse, le ratio dette/PIB de Hong Kong est l’un des plus faibles au monde : il s’établissait à environ 9 % en 2024, contre 6,3 % un an plus tôt, et devrait atteindre 13 % d’ici 2026. À la fin du premier trimestre 2026, la dette extérieure brute totalisait 16 630,4 milliards HKD (4,9 fois son PIB). En tant que grande place financière mondiale, Hong Kong présente une part importante de dette extérieure liée au secteur bancaire local dans le cadre d’activités bancaires normales. À la fin de la période, 53,1 % de la dette extérieure de Hong Kong était imputable au secteur bancaire. Le reste se composait principalement de la dette extérieure d’autres secteurs (30,7 %) et d’engagements de dette au titre des investissements directs (prêts intragroupe – 14,7 %). Pour 2025, le taux d’inflation sous-jacente des prix à la consommation s’est établi en moyenne à 1,1 % (données officielles du gouvernement). À l’avenir, l’inflation globale devrait rester modérée à court terme. Alors que l’économie de Hong Kong poursuit sa croissance, les coûts intérieurs pourraient subir certaines pressions à la hausse. Les pressions sur les prix extérieurs devraient rester contenues, bien que les incertitudes de l’environnement extérieur doivent être surveillées.
Le FMI a estimé à 0,6 % la baisse de l’emploi en 2025, le taux de chômage s’élevant à une moyenne annuelle de 3,7 %, contre 3,0 % un an plus tôt. Sur l’horizon de prévision, le taux de chômage devrait refluer à environ 3,3 % en 2026. Dans l’ensemble, les habitants de Hong Kong bénéficient d’un niveau de vie élevé, avec un PIB par habitant (PPA) estimé à 75 128 USD en 2024 par le FMI ; les inégalités persistent toutefois : selon Oxfam, au premier trimestre 2024, le taux de pauvreté global de Hong Kong dépassait 20 %, 1,39 million de personnes vivant dans la pauvreté, soit une hausse de 42,9 % par rapport à la même période de 2019.
| Indicateurs de croissance | 2025 | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
|---|---|---|---|---|---|
| PIB (milliards USD) | 427,31 | 450,14 | 469,53 | 490,63 | 513,28 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 3,5 | 2,4 | 2,4 | 2,3 | 2,3 |
| PIB par habitant (USD) | 56.893 | 59.640 | 61.868 | 64.263 | 66.825 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -4,8 | -5,2 | -3,3 | -1,3 | -0,8 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 11,9 | 14,1 | 15,6 | 17,5 | 18,4 |
| Taux d'inflation (%) | 1,4 | 2,1 | 1,8 | 2,1 | 2,2 |
| Taux de chômage (% de la population active) | 3,6 | 3,3 | 3,2 | 3,0 | 2,8 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | 52,24 | 56,94 | 57,83 | 59,43 | 61,27 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | 12,2 | 12,6 | 12,3 | 12,1 | 11,9 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database, Dernières données disponibles.
Note : (E) Données estimées
Hong Kong s’appuie principalement sur les services financiers, la production électronique et le tourisme. Le secteur agricole est quasi inexistant, Hong Kong ne disposant d’aucune ressource naturelle et dépendant entièrement des importations de matières premières et d’énergie. La contribution de l’agriculture à l’économie est pratiquement nulle, à 0,1 % du PIB et 0,1 % de la main-d’œuvre employée (Banque mondiale, dernières données disponibles). La production locale vise à compléter, plutôt qu’à concurrencer, les grands fournisseurs du marché, en ciblant principalement les produits frais à forte valeur ajoutée. Selon les données officielles du gouvernement, en 2025, la valeur brute de la production agricole locale a atteint 861 millions HKD. Les exploitations locales ont fourni 1,7 % des légumes frais consommés à Hong Kong, 100 % des volailles vivantes et 6,5 % des porcs vivants. La valeur de la production végétale a atteint 354 millions HKD en 2025. La production de légumes et de fleurs a représenté environ 96 % du total, soit 374 millions USD. En 2023, on comptait 43 élevages porcins et 29 élevages de volailles. La production porcine locale était évaluée à 198 millions HKD, tandis que la production de volailles, œufs compris, s’élevait à 309 millions HKD.
Le secteur industriel représente une part plus importante, bien que toujours modeste, du PIB (6,3 %) et de l’emploi, avec 14 % de la main-d’œuvre (Banque mondiale). Le secteur industriel et manufacturier de Hong Kong, autrefois dominant, a cédé la place à une économie orientée vers les services. Les principaux sous-secteurs comprennent le textile et l’habillement, l’électronique et les appareils électriques, les plastiques et la chimie, l’imprimerie et l’édition, ainsi que la joaillerie et l’horlogerie. Si les activités manufacturières ont décliné, la ville connaît un essor des technologies innovantes, des technologies environnementales et durables et de la fabrication avancée. Avec un accent mis sur les biotechnologies, les technologies de l’information et les technologies vertes, les start-up et les entreprises technologiques bénéficient d’un soutien pour favoriser leur croissance. Hong Kong demeure un pôle régional pour certaines activités manufacturières, notamment dans les articles de luxe tels que la joaillerie et l’horlogerie. Selon les données provisoires du Census and Statistics Department (C&SD), l’indice de la production industrielle de l’ensemble des industries manufacturières a augmenté de 3,2 % en 2025 par rapport à l’année précédente.
Le secteur tertiaire domine l’économie de Hong Kong, marqué par la finance, le commerce et les services, représentant environ 91,5 % du PIB et 86 % de l’emploi (Banque mondiale, dernières données disponibles). Les principaux sous-secteurs comprennent la finance et la banque, la logistique et les transports, le tourisme et l’hôtellerie, les services professionnels et le commerce de détail. Le rôle de la ville en tant que place financière mondiale souligne l’importance des services financiers et bancaires, tandis que sa situation stratégique favorise le dynamisme du secteur de la logistique et des transports. Les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie bénéficient des attraits de Hong Kong et de sa connectivité internationale. Les services professionnels, notamment juridiques, comptables et de conseil, contribuent de manière significative à l’économie. Le commerce de détail reste dynamique, au service tant des résidents locaux que des visiteurs internationaux. La valeur totale des ventes au détail s’est établie à 380,5 milliards HKD en 2025, en hausse de 1,0 % par rapport à l’année précédente (données du C&SD). En outre, Hong Kong fait office de centre de services pour les entreprises asiatiques, en particulier pour celles qui commercent avec la Chine.
| Répartition de l'activité économique par secteur | Agriculture | Industrie | Services |
|---|---|---|---|
| Emploi par secteur (en % de l'emploi total) | 0,2 | 14,0 | 85,8 |
| Valeur ajoutée (en % du PIB) | 0,0 | 6,2 | 91,5 |
| Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) | -5,5 | -5,0 | 3,2 |
Source : Banque Mondiale, Dernières données disponibles.
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Le classement de l'environnement des affaires mesure la qualité ou l'attractivité de l'environnement des affaires dans un pays. Cet indicateur est défini par l'analyse de divers critères : l'environnement politique, l'environnement macro-économique, les opportunités d'affaires, les politiques à l'égard de la libre entreprise et de la concurrence, les politiques à l'égard de l'investissement étranger, le commerce extérieur et le contrôle des changes, les taux d'imposition, le financement des projets, le marché du travail et la qualité des infrastructures.
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Le gouvernement rend compte au Chef de l'exécutif et comprend 15 bureaux politiques, chacun dirigé par un secrétaire. Dans l'ordre hiérarchique, les trois principaux postes du gouvernement sont le Secrétaire en chef (numéro deux après le Chef de l'exécutif), le Secrétaire aux finances et le Secrétaire à la justice. Si le Chef de l'exécutif est temporairement empêché d'exercer ses fonctions, celles-ci sont exercées, dans cet ordre de préséance, par les titulaires de ces principaux postes.
En outre, le Chef de l'exécutif est assisté d'un Conseil exécutif (Exco), composé de membres officiels (les 15 secrétaires) et de membres non officiels nommés par le Chef de l'exécutif parmi des personnalités du monde des affaires ou de la société civile. L'Exco tient lieu de Conseil des ministres en étant l'instance d'élaboration des politiques du gouvernement. Ce conseil est consulté pour toutes les décisions politiques importantes. Il se réunit une fois par semaine, sous la présidence du Chef de l'exécutif, qui doit justifier spécialement ses décisions en cas de désaccord avec la majorité de ses membres.
Le conseil vote et amende les lois et peut également présenter toute nouvelle proposition. Il examine et approuve le budget, les impôts et les dépenses publiques. Il est également chargé de contrôler l'action du Chef de l'exécutif et de veiller à ce que le Gouvernement applique correctement sa politique. L'absence de responsabilité politique des ministres peut amener le Conseil législatif à limiter le contrôle exercé par cette assemblée sur le pouvoir exécutif.
Les membres siègent au Conseil pendant quatre ans. Le Gouvernement dépend du soutien du parlement, souvent exprimé par un vote de confiance. Le Chef de l'exécutif a le pouvoir de dissoudre le Conseil législatif, mais uniquement dans des circonstances particulières, par exemple si le LegCo refuse d'adopter un budget ou un projet de loi important. Il ne peut refuser de signer un projet de loi adopté par les deux tiers du parlement.
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