Emirats Arabes Unis : Contexte politico-économique
Dans cette page : Le contexte économique | Le contexte politique
Les Émirats arabes unis, autrefois modeste économie désertique, sont devenus une plaque tournante mondiale du commerce, de la finance, du tourisme et de l'innovation, grâce à leurs immenses richesses pétrolières et à des efforts dynamiques de diversification. Les réformes stratégiques, les zones franches et d'importants investissements à l'international continuent de stimuler la croissance du pays et d'attirer les entreprises étrangères. Après un taux de 4 % en 2024, la croissance du PIB s'est accélérée à 6,2 % en 2025, les secteurs non pétroliers ayant poursuivi leur progression régulière tout au long de l'année, avec une expansion de 6,8 %. Selon le Federal Competitiveness and Statistics Centre, la croissance à court terme reste soutenue : le PIB réel a progressé de 3 % en glissement annuel au premier trimestre 2026 et le PIB non pétrolier de 4,8 %, malgré une production pétrolière inférieure aux prévisions en raison des accords de l'OPEP+. Les secteurs hors hydrocarbures sont portés par le tourisme, la construction, les dépenses publiques et l'expansion régulière des services financiers. Les entrées de capitaux restent importantes, stimulées par des réformes favorables sur le plan social et pour les entreprises, ce qui alimente une demande soutenue dans l'immobilier et contribue à la hausse des prix des logements dans différents segments et zones géographiques.
Les finances publiques du pays sont saines, avec un niveau modéré de dette publique consolidée, une solide position extérieure nette créditrice et un PIB par habitant élevé. Les recettes d'hydrocarbures devraient diminuer en raison de la volatilité des cours du pétrole et d'une production pétrolière en baisse, mais les excédents budgétaire et extérieur devraient rester importants. L'excédent budgétaire devrait légèrement reculer, à environ 4 % du PIB en 2025, contre environ 5 % l'année précédente selon les estimations. Les recettes hors hydrocarbures devraient toutefois progresser régulièrement, sous l'effet de la poursuite de la mise en œuvre de l'impôt sur les sociétés. La dette publique reste stable, à environ 30 % du PIB. L'excédent du compte courant devrait avoisiner 7,5 % du PIB, tandis que les réserves internationales demeurent solides, couvrant plus de 8,5 mois d'importations. Les banques restent bien capitalisées et liquides, et la qualité de leurs actifs s'est encore améliorée en 2024. La vigueur de l'activité intérieure et une demande de crédit soutenue ont renforcé la rentabilité des banques, malgré des taux d'intérêt élevés. En outre, la Banque centrale des Émirats arabes unis et les fonds souverains détiennent d'importants actifs à l'étranger, ce qui confère au pays un large coussin de liquidités (Abou Dhabi détient le quatrième fonds souverain au monde) et fait du pays un créancier net à l'échelle mondiale. Après avoir atteint 2,3 % en 2023, contre 1,6 % l'année précédente, l'inflation devrait rester stable, autour de 2,0 % en 2025, malgré la hausse des coûts liés au logement et aux services publics (FMI).
Les Émirats arabes unis affichent l'un des revenus par habitant les plus élevés au monde (estimé à 79 344 USD en 2024 en PPA par la Banque mondiale) et disposent d'un système de protection sociale très développé. Le pays présente également l'un des taux de chômage les plus faibles du Moyen-Orient, à 2,2 % en 2025 selon la Banque mondiale (Dubaï affichant le taux de chômage le plus bas du monde, à environ 0,5 %), et dépend fortement de la main-d'œuvre étrangère (plus de 85 % de la population active). Une politique d'« émiratisation » a été lancée afin d'encourager l'emploi de la main-d'œuvre locale ; néanmoins, le taux de chômage des nationaux reste nettement plus élevé que celui des non-nationaux (il varie selon l'émirat et est le plus élevé à Abou Dhabi).
| Indicateurs de croissance | 2025 (E) | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
|---|---|---|---|---|---|
| PIB (milliards USD) | 571,64 | 621,55 | 648,67 | 686,35 | 727,72 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 5,8 | 3,1 | 5,3 | 4,6 | 4,4 |
| PIB par habitant (USD) | 50.232 | 54.214 | 56.179 | 59.035 | 62.179 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | 5,2 | 4,9 | 4,8 | 4,7 | 4,7 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 34,3 | 31,4 | 30,1 | 28,8 | 27,2 |
| Taux d'inflation (%) | 1,3 | 2,5 | 2,0 | 2,0 | 2,0 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | 87,25 | 70,95 | 73,78 | 67,08 | 67,38 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | 15,3 | 11,4 | 11,4 | 9,8 | 9,3 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database, Dernières données disponibles.
Note : (E) Données estimées
Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, l'agriculture ne représente que 0,8 % du PIB et emploie 1 % de la population active, la majeure partie du pays étant impropre à l'agriculture et à l'élevage, avec une surface agricole de seulement 390 000 ha (FAO). Ainsi, environ 90 % des denrées alimentaires des Émirats arabes unis sont importées (USDA). La pêche et la culture des dattes figurent parmi les principales activités agricoles. Malgré des ressources en eau limitées, le gouvernement émirien continue de rechercher de nouvelles technologies pour soutenir la production locale de certains produits stratégiques.
Les activités manufacturières ont connu une croissance sans précédent ces dernières années, notamment dans des secteurs tels que la transformation des métaux, l'ameublement, la préparation industrielle de denrées alimentaires, la production d'aluminium, les matériaux de construction, les engrais, la pétrochimie, la fibre de verre et la promotion immobilière. L'industrie représente désormais 44,3 % du PIB et emploie 31 % de la population active. La part du secteur pétrolier et gazier dans le PIB a progressivement diminué (à environ 21 %, selon les dernières estimations) grâce à une politique de diversification économique réussie. Les Émirats arabes unis sont le 7e producteur mondial de pétrole et disposent de réserves importantes : leurs réserves de pétrole et de gaz devraient durer environ 100 ans au rythme de consommation actuel. « Operation 300bn », une stratégie sur 10 ans élaborée par le ministère de l'Industrie et des Technologies avancées (MoIAT), vise à porter la contribution du secteur industriel à 300 milliards AED d'ici 2031. L'industrie manufacturière joue un rôle important dans le PIB des Émirats arabes unis, se classant au troisième rang des secteurs en part du PIB nominal. En 2023, elle a contribué à près de 10 % du PIB nominal total du pays, Dubaï et Abou Dhabi affichant des proportions légèrement inférieures, d'environ 8,7 % et 6 % respectivement, tandis que des émirats comme Ras el-Khaïmah (RAK) et Charjah disposent d'activités industrielles substantielles. Selon le ministère de l'Industrie, la contribution du secteur industriel au PIB des Émirats arabes unis a augmenté de 57 % en 2024, les prévisions dépassant 210 milliards AED. Les exportations industrielles ont également fortement progressé, en hausse de 63 %, et devraient dépasser 190 milliards AED.
Le secteur tertiaire contribue à hauteur de 54,9 % du PIB et emploie 68 % de la population active. Les principaux sous-secteurs sont le commerce international, le transport aérien, les activités financières et le tourisme. Le secteur des voyages et du tourisme, en particulier, représente une contribution totale d'environ 12 % du PIB (portail officiel des Émirats arabes unis), principalement portée par l'émirat de Dubaï, qui a accueilli 19,59 millions de visiteurs internationaux en 2025, soit une hausse de 5 % en glissement annuel. Le secteur bancaire et financier est également essentiel : selon Fitch Ratings, les indicateurs financiers des banques émiriennes bénéficient de conditions d'exploitation favorables, soutenues par la stabilité des cours du pétrole, une inflation maîtrisée et des taux d'intérêt élevés. Le secteur bancaire a enregistré des performances exceptionnelles au premier semestre 2024, la plupart des grandes banques ayant annoncé des bénéfices record. Enfin, l'aviation est un pilier essentiel et un moteur majeur de la croissance économique de Dubaï. Emmené par Emirates Group, Dubai Airports et d'autres acteurs de l'aviation, le secteur a soutenu 631 000 emplois et contribué à hauteur de plus de 137 milliards AED à l'économie de Dubaï en 2023.
| Répartition de l'activité économique par secteur | Agriculture | Industrie | Services |
|---|---|---|---|
| Emploi par secteur (en % de l'emploi total) | 1,4 | 30,6 | 68,0 |
| Valeur ajoutée (en % du PIB) | 0,8 | 44,3 | 54,9 |
| Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) | 1,8 | 3,0 | 4,9 |
Source : Banque Mondiale, Dernières données disponibles.
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Le classement de l'environnement des affaires mesure la qualité ou l'attractivité de l'environnement des affaires dans un pays. Cet indicateur est défini par l'analyse de divers critères : l'environnement politique, l'environnement macro-économique, les opportunités d'affaires, les politiques à l'égard de la libre entreprise et de la concurrence, les politiques à l'égard de l'investissement étranger, le commerce extérieur et le contrôle des changes, les taux d'imposition, le financement des projets, le marché du travail et la qualité des infrastructures.
Source : The Economist Intelligence Unit - Business Environment Rankings 2020-2024
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