Belgique : Contexte politico-économique
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Située entre le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, les trois principales économies d'Europe, la Belgique bénéficie d'une position géographique stratégique. Malgré les défis économiques mondiaux, l'économie belge a fait preuve d'une remarquable résilience en 2024, avec une croissance du PIB de 1,1 %. Cependant, la croissance est restée modérée en 2025, principalement en raison de la faiblesse de l'investissement. La consommation privée s'est renforcée, soutenue par la hausse des revenus réels. Tandis que l'investissement des entreprises a ralenti, pénalisé par le durcissement des conditions financières, l'investissement des ménages est resté contraint. Pour l'ensemble de l'année, le FMI a estimé la hausse de l'activité économique à 1,1 %. La consommation privée devrait progresser modérément sur l'horizon de prévision, reflétant une croissance modeste du revenu disponible. Bien qu'en baisse, le taux d'épargne devrait rester élevé en 2026-27 en raison de la faible confiance des consommateurs. L'investissement des entreprises continuera de croître à un rythme plus lent, soutenu par la baisse des coûts de financement et l'amélioration de la demande extérieure. Globalement, l'investissement ne devrait progresser que modestement en 2026 et 2027, pénalisé par le durcissement des conditions financières et l'incertitude géopolitique (Commission européenne). La croissance du PIB est prévue à 1,2 % cette année et à 1,3 % en 2026 (FMI).
En 2025, le déficit budgétaire des administrations publiques a augmenté pour atteindre 5,2 % du PIB. Une forte baisse des recettes, provenant principalement des impôts sur le revenu et sur le patrimoine, s'est conjuguée à une hausse des dépenses. L'augmentation des dépenses a été tirée par la défense et les prestations sociales, ainsi que par les coûts liés au vieillissement et les intérêts de la dette publique. En 2025, le déficit devrait encore augmenter pour atteindre 4 du PIB, aucune nouvelle mesure d'assainissement majeure n'étant prévue (FMI). Les dépenses de prestations sociales continueront de croître, et les charges d'intérêts augmenteront en raison de niveaux d'endettement et de taux de refinancement plus élevés, malgré la baisse des taux d'intérêt. Ces hausses seront en partie compensées par une modération de l'investissement public après l'année électorale. En 2025, la dette des administrations publiques a augmenté pour atteindre environ 107,9 % du PIB, sous l'effet du déficit public persistant. En 2026 et 2027, la dette devrait encore progresser pour atteindre 112,8 % du PIB (prévisions de la Commission européenne), sous l'effet du déficit public, bien que les gouvernements fédéral et régionaux aient récemment pris des mesures en faveur de l'assainissement et que les écarts de rendement des obligations souveraines soient restés stables. Parallèlement, l'inflation, montée jusqu'à 4,3 % en 2024 ... en baisse à 2,1 % en 2025 et 2 % en 2026 (FMI), et l'atténuation des pressions inflationnistes sur l'horizon de prévision devraient la ramener à 2,8 % en 2026 et à 2,2 % en 2027 (FMI).
La croissance de l'emploi est restée atone tout au long de 2025, principalement en raison de la faiblesse de l'industrie. Sur l'ensemble de l'année, environ 21 200 emplois nets ont été créés. L'emploi devrait augmenter régulièrement au cours des prochaines années, le relèvement de l'âge de la retraite étant susceptible de stimuler la participation au marché du travail, tandis que le taux de chômage devrait rester stable autour de 5,7 %. La croissance des salaires, portée par l'indexation automatique des salaires, devrait ralentir en raison de la décélération attendue de l'inflation. Le faible taux de participation au marché du travail demeure un défi majeur pour la Belgique dans les années à venir, le chômage touchant de manière disproportionnée les jeunes, les immigrés non européens et la région wallonne dans son ensemble. Dans l'ensemble, les citoyens belges bénéficient d'un PIB par habitant élevé, estimé en moyenne à 58 256 USD par le FMI pour 2025.
| Indicateurs de croissance | 2025 (E) | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
|---|---|---|---|---|---|
| PIB (milliards USD) | 724,92 | 776,73 | 797,02 | 816,96 | 840,79 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 1,0 | 0,7 | 1,1 | 1,1 | 1,2 |
| PIB par habitant (USD) | 61.002 | 65.112 | 66.590 | 68.050 | 69.840 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -5,3 | -5,1 | -5,2 | -5,3 | -5,4 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 106,3 | 109,2 | 111,5 | 114,2 | 116,6 |
| Taux d'inflation (%) | 3,0 | 2,8 | 2,2 | 2,1 | 2,0 |
| Taux de chômage (% de la population active) | 6,2 | 6,2 | 6,1 | 6,0 | 5,9 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | -15,44 | -15,55 | -15,39 | -10,64 | -9,19 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | -2,1 | -2,0 | -1,9 | -1,3 | -1,1 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database, Dernières données disponibles.
Note : (E) Données estimées
La position géographique stratégique de la Belgique, ses infrastructures de transport très développées, la large gamme de services proposés et son influence dans l'industrie et les hautes technologies ont contribué au développement de son économie. L'agriculture ne contribue que faiblement au PIB national (0,7 %) et emploie 1 % de la population active (Banque mondiale, dernières données disponibles). Les principales productions sont la betterave sucrière, les légumes et les fruits, la viande et le lait. Selon les données de StatBel, les conditions météorologiques, en particulier l'abondance des précipitations, ont eu un impact certain sur la situation économique de l'agriculture belge en 2024. Elles ont perturbé toutes les étapes de la production des grandes cultures, avec des répercussions importantes tant sur les semis que sur les rendements, tandis que la hausse des prix n'a pas pu compenser la perte de revenus. Toutefois, la valeur ajoutée nette du secteur agricole était estimée en hausse de 4,2 %. D'une part, la valeur de la production du secteur agricole devait diminuer de 0,7 % par rapport à 2023, mais d'autre part, la consommation intermédiaire devait reculer de 2,7 %.
Le secteur industriel représente 18,6 % du PIB et emploie 19 % de la population active. Il existe d'importantes disparités entre les trois régions belges : alors que la Flandre a réussi à développer la deuxième industrie pétrochimique au monde, la Wallonie est en pleine restructuration, à la suite de la fermeture de ses charbonnages et d'un grand nombre d'aciéries. Bruxelles se distingue dans les domaines des télécommunications, du développement de logiciels et des industries pharmaceutique et automobile. Malgré une baisse de sa contribution au PIB ces dernières années, l'industrie manufacturière reste importante pour l'économie belge, dont elle représente 11 %. Les dernières données de StatBel montrent que la valeur totale de la production industrielle belge est passée de 216 milliards EUR en 2022 à 196 milliards en 2023, soit une baisse de 9 % sur base annuelle. Sur la même période, la valeur totale la plus élevée a été enregistrée par la fabrication de produits alimentaires. Les produits chimiques, les produits pharmaceutiques de base et les préparations pharmaceutiques complétaient le trio des principaux secteurs industriels.
L'économie du pays est largement orientée vers les services. De fait, le secteur tertiaire représente 71,2 % du PIB et emploie 80 % de la population active. Bruxelles, siège de plusieurs institutions européennes, de nombreuses représentations diplomatiques et de divers groupes d'intérêt, a essentiellement fondé son économie sur les services. Le tourisme est également un secteur important de l'économie : au total, 46,1 millions de nuitées ont été enregistrées en Belgique en 2025, soit une hausse de 3 % par rapport à 2024, le pays franchissant pour la première fois le seuil des 46 millions. Concernant le secteur bancaire, le total des actifs des banques belges sur une base consolidée s'élevait à 1 156 milliards EUR fin 2023 (Fédération bancaire européenne, dernières données disponibles).
| Répartition de l'activité économique par secteur | Agriculture | Industrie | Services |
|---|---|---|---|
| Emploi par secteur (en % de l'emploi total) | 1,0 | 19,2 | 79,8 |
| Valeur ajoutée (en % du PIB) | 0,7 | 18,6 | 71,2 |
| Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) | -0,2 | 1,0 | 0,9 |
Source : Banque Mondiale, Dernières données disponibles.
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