Allemagne : Contexte politico-économique
Dans cette page : Le contexte économique | Le contexte politique
L'Allemagne est la première puissance économique d'Europe et la quatrième au niveau mondial. Néanmoins, le pays a été durement touché par les conséquences du conflit russo-ukrainien, car avant l'invasion, l'Allemagne dépendait fortement du gaz, du pétrole et du charbon russes, environ un tiers de son approvisionnement en énergie primaire provenant de Russie. La faiblesse de la demande intérieure et extérieure de produits manufacturés, conjuguée à une forte incertitude, a pesé sur l'investissement en équipements. Le secteur de la construction a également connu des difficultés en raison de pénuries de main-d'œuvre et d'une demande intérieure atone. Le faible moral des consommateurs a entraîné une hausse du taux d'épargne, limitant la contribution de la consommation privée à la croissance économique malgré une augmentation du revenu disponible réel. La demande intérieure devrait tirer la croissance économique en 2026 et 2027. Toutefois, des coûts énergétiques durablement élevés continueront de pénaliser la compétitivité-coût des industries énergivores. Malgré la reprise de la demande des principaux partenaires commerciaux, les exportations nettes devraient légèrement freiner la croissance en 2026 et rester neutres en 2027. L'excédent du compte courant devrait rester élevé, mais inférieur à ses niveaux d'avant la pandémie. La croissance économique est prévue à 0,7 % en 2025 et à 1,3 % en 2026 selon la Commission européenne (0,3 % et 1,1 % respectivement selon le FMI), bien que l'éventuelle imposition de nouveaux droits de douane par les États-Unis puisse avoir un impact négatif sur les exportations.
En 2025, le déficit des administrations publiques allemandes est revenu à 2,4 % du PIB, contre 2,7 % en 2024, restant nettement inférieur au seuil de 3 % fixé par l'UE. Toutefois, les dépenses de défense financées par un fonds extrabudgétaire ont augmenté. Le déficit devrait se creuser à 3,7 % du PIB en 2026, la montée en puissance des dépenses de défense et de l'investissement public l'emportant sur la stabilité de l'emploi et la hausse des salaires. Le relèvement des taux de cotisation à l'assurance maladie et à l'assurance dépendance augmentera également les recettes, mais la hausse des dépenses sociales et de défense en compensera une grande partie. Le déficit devrait encore se creuser pour atteindre 4,1 % en 2027, l'orientation budgétaire devenant expansionniste sur l'horizon de prévision (Commission européenne). La dette publique s'établissait à 63,5 % du PIB fin 2025, légèrement au-dessus de son niveau de 2024 (Commission européenne). Cette stabilité s'explique par une croissance économique faible, un reflux de l'inflation et des dépenses ayant épuisé les limites d'emprunt fixées par le frein à l'endettement. Y ont également contribué les dépenses de défense financées par un fonds extrabudgétaire et des investissements financés par l'emprunt destinés à créer un pilier par capitalisation dans le système de retraite. Le niveau d'endettement devrait grimper à 65,8 % du PIB en 2026 et à 68,0 % en 2027. Les prix à la consommation en Allemagne ont augmenté de 2,2 % en 2025, soit le même taux qu'en 2024 et un rythme nettement inférieur aux taux de 5,9 % en 2023, 6,9 % en 2022 et 3,1 % en 2021. Avant cette période, l'inflation dépassait rarement 2 %, selon Destatis. Les prix de l'énergie ont encore baissé de 2,4 % en 2025, contribuant à réduire l'inflation globale. En 2026, en revanche, un nouveau choc énergétique et les ajustements du prix du CO2 font que les coûts de l'énergie tirent l'inflation vers le haut au lieu de la contenir. L'inflation des services, principal contributeur, ne devrait ralentir que légèrement en raison de la hausse continue des salaires. Globalement, l'inflation IPCH s'est établie à 2,3 % en 2025 et devrait atteindre 2,9 % en 2026 et 2,7 % en 2027 (Commission européenne).
Le chômage a augmenté avec le ralentissement de l'économie, mais reste faible en termes absolus, à 3,8 % en 2025, tandis que l'emploi a commencé à reculer légèrement. Le FMI prévoit que le taux de chômage se maintiendra autour de 3,2 % à moyen terme, reflétant à la fois la faiblesse conjoncturelle de la demande et des changements structurels, tels que les pertes d'emplois dans l'industrie automobile liées à la transition vers les véhicules électriques. Cette évolution s'accompagne de pénuries de compétences et de postes vacants dans d'autres secteurs manufacturiers. Le marché du travail devrait s'améliorer avec la reprise de la croissance économique, bien que le vieillissement de la population continue de peser sur l'offre de main-d'œuvre. Alors que l'emploi recule légèrement, la rémunération des salariés a augmenté de 3,9 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, les salaires bruts moyens par salarié progressant de 4,4 %. Avec un PIB par habitant (PPA) de 74 004 USD, l'Allemagne figure parmi les pays les plus riches du monde (FMI, 2025). Néanmoins, selon les données de Destatis, environ 21,2 % de la population du pays est menacée de pauvreté ou d'exclusion sociale : en 2025, 16,1 % de la population était exposée au risque de pauvreté, 5,6 % était touchée par une privation matérielle et sociale grave et 10,3 % vivait dans un ménage à très faible intensité de travail.
| Indicateurs de croissance | 2025 | 2026 (E) | 2027 (E) | 2028 (E) | 2029 (E) |
|---|---|---|---|---|---|
| PIB (milliards USD) | 5.048,06 | 5.452,86 | 5.642,16 | 5.818,88 | 6.003,13 |
| PIB (croissance annuelle en %, prix constant) | 0,2 | 0,8 | 1,2 | 1,2 | 0,9 |
| PIB par habitant (USD) | 60.439 | 65.303 | 67.613 | 69.805 | 72.088 |
| Solde des finances publiques (en % du PIB) | -2,7 | -3,8 | -4,2 | -4,1 | -3,9 |
| Endettement de l'Etat (en % du PIB) | 62,9 | 64,6 | 66,5 | 68,4 | 70,2 |
| Taux d'inflation (%) | 2,3 | 2,7 | 2,3 | 2,0 | 2,2 |
| Taux de chômage (% de la population active) | 3,8 | 3,9 | 3,5 | 3,2 | 3,0 |
| Balance des transactions courantes (milliards USD) | 222,92 | 211,75 | 216,66 | 223,31 | 230,58 |
| Balance des transactions courantes (en % du PIB) | 4,4 | 3,9 | 3,8 | 3,8 | 3,8 |
Source : FMI - World Economic Outlook Database, Dernières données disponibles.
Note : (E) Données estimées
Le secteur agricole allemand est assez limité : il ne contribue qu'à hauteur de 0,8 % du PIB et emploie 1 % de la main-d'œuvre du pays (Banque mondiale, dernières données disponibles). Pour nourrir un cheptel de plus de 200 millions d'animaux d'élevage, environ 50 % de la surface agricole est constituée de prairies et de terres arables destinées à l'alimentation animale. Les principales productions du secteur agricole destinées à la consommation humaine comprennent non seulement les produits animaux, mais aussi les céréales panifiables, les pommes de terre, la betterave sucrière, les oléagineux, les fruits et les légumes. En outre, certaines surfaces de prairies et de cultures sont consacrées à la production de bioénergie et de bioressources. Selon l'office national de la statistique Destatis, l'Allemagne compte environ 255 010 exploitations agricoles, dont la majorité sont des entreprises individuelles, ce qui signifie que la plupart des agriculteurs gèrent leur exploitation seuls ou en famille. Ces dernières années, le nombre d'exploitations consacrées à l'agriculture biologique n'a cessé d'augmenter, pour atteindre 28 630. La surface agricole utile totale s'élève à 16,56 millions d'hectares, avec une taille moyenne de 65 hectares (Destatis). En 2023, près de 14,2 % de la valeur totale de la production de la branche agricole de l'UE provenait d'Allemagne (76,2 milliards d'EUR – Eurostat, dernières données disponibles).
Le secteur industriel représente environ 26,8 % du PIB et emploie 27 % de la main-d'œuvre du pays. L'Allemagne est le pays le plus industrialisé d'Europe et son économie est bien diversifiée : l'industrie automobile est le premier secteur du pays, mais l'Allemagne compte également d'autres secteurs spécialisés, notamment la construction mécanique, les équipements électriques et électroniques et les produits chimiques. Globalement, les activités manufacturières représentent à elles seules environ 19 % du PIB. L'activité industrielle est concentrée principalement dans les Länder du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où se trouvent plus de la moitié des 1 600 entreprises manufacturières allemandes identifiées comme leaders sur le marché mondial. Selon les dernières données disponibles de Destatis, la production industrielle a reculé de 1,1 % en 2025, l'industrie manufacturière se contractant pour la troisième année consécutive. L'industrie allemande a été affectée par la concurrence étrangère croissante, le coût élevé de l'énergie, des taux d'intérêt durablement élevés et des perspectives économiques incertaines. La production de voitures particulières en Allemagne a atteint 4,15 millions d'unités en 2025, en hausse de 2 % par rapport au niveau de 2024, selon l'association allemande de l'industrie automobile VDA. Toutefois, l'association a souligné que ce chiffre reste inférieur de 11 % aux niveaux d'avant la crise de 2019. En outre, la production des industries énergivores a reculé de 2,6 % en 2025 par rapport à l'année précédente et affiche une baisse de 17,8 % depuis 2021 (données Destatis).
Le secteur des services allemand est le premier employeur (72 % de la main-d'œuvre) et contribue à hauteur de 63,7 % au PIB du pays. La croissance du secteur ces dernières années a été principalement portée par une forte demande de services aux entreprises et par le développement de nouvelles technologies, qui ont contribué à l'émergence de branches entièrement nouvelles dans le secteur tertiaire. Le secteur de l'hôtellerie-restauration joue également un rôle important, avec un chiffre d'affaires total de 68 milliards d'EUR entre janvier et novembre 2024 (+0,6 % en glissement annuel, Destatis). Le système bancaire allemand repose sur trois piliers : les banques commerciales privées, les banques du secteur public et les banques coopératives. Le segment détenant la plus grande part des actifs du système bancaire est constitué des banques commerciales privées, qui représentent environ 40 % du total des actifs, tandis que les banques coopératives en représentent environ 12 %. Le secteur bancaire public comprend les caisses d'épargne (Sparkassen), les Landesbanken et la DekaBank, le gestionnaire d'actifs central du groupe financier des caisses d'épargne, qui représentent ensemble un peu plus d'un quart du total des actifs bancaires. On compte actuellement environ 360 caisses d'épargne (Fédération bancaire européenne).
Globalement, le modèle économique allemand repose largement sur un tissu dense de petites et moyennes entreprises (PME), souvent très ouvertes sur l'international : selon les dernières données de Destatis, environ 55 % du total des personnes occupées travaillent dans des PME, la part des personnes employées dans des microentreprises s'élevant à 18 %, tandis que 20 % travaillent dans des petites entreprises et 15 % dans des moyennes entreprises.
| Répartition de l'activité économique par secteur | Agriculture | Industrie | Services |
|---|---|---|---|
| Emploi par secteur (en % de l'emploi total) | 1,1 | 26,0 | 73,0 |
| Valeur ajoutée (en % du PIB) | 0,9 | 25,2 | 64,5 |
| Valeur ajoutée (croissance annuelle en %) | 0,5 | -1,1 | 0,5 |
Source : Banque Mondiale, Dernières données disponibles.
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Source : The Economist Intelligence Unit - Business Environment Rankings 2021-2025
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